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Le Maraîchage Sur Sol Vivant, Qu’est Ce Que C’est ?

Le maraîchage sur sol vivant, qu’est ce que c’est ?

Maraîchage sur sol vivant (MSV) : approche technique

Un sol fertile est un sol vivant. Le maraîchage sur sol vivant (ou MSV) est né d’un groupe de maraîchers voulant révolutionner les pratiques actuelles de la production de légumes en créant de nouveaux systèmes inspirés de la nature.

Si on observe la nature, les végétaux des prairies ou des forêts poussent sans intervention humaine, c’est-à-dire sans que le sol ne soit ni travaillé, ni fertilisé, ni irrigué.  L’idée du maraîchage sur sol vivant est de reconstituer dans les parcelles agricoles le cycle naturel de la fertilité des sols par des itinéraires techniques spécifiques : arrêt du travail du sol et apports de matière organique (MO) au sol.

La base du maraîchage sur sol vivant est donc d’« offrir le gîte et le couvert à la vie du sol » afin d’établir avec elle un véritable partenariat et bénéficier ainsi de tous les services écosystémiques qui en découlent. Ne pas perturber le sol et l’enrichir avec des MO favorise sa stabilité structurale et donc augmente sa capacité à retenir l’eau accessible par les plantes. De plus, une vie biologique active dans un sol permet un bon recyclage de la MO et fournit à la plante les nutriments nécessaires à sa croissance. Le maraîchage sur sol vivant est à l’origine d’une forte biodiversité dans le sol et donc d’un meilleur contrôle naturel des bioagresseurs des plantes. Le sol est un écosystème à part entière et les pratiques du maraîchage sur sol vivant contribuent à maintenir ses équilibres naturels et sa fertilité à la fois physique, chimique et biologique. Les légumes sont produits dans des conditions favorables à leur croissance et à leur qualité sans polluer ni consommer de grandes quantités d’énergie.

L’objectif est triple pour les maraîchers :

  • Économique : il s’agit d’une part de baisser les charges de production tout en assurant un bon rendement afin de garantir la viabilité de l’exploitation et un revenu décent. Et d’autre part de restaurer ses sols sur plusieurs années afin d’obtenir un réel capital supplémentaire.
  • Social : le maraîchage sur sol vivant permet de baisser la charge et le temps de travail du maraîcher et donc améliorer ses conditions de travail et sa qualité de vie.
  • Environnemental : un sol vivant étant à la base de toute démarche agroécologique de défense de l’environnement à des fins de production optimale.

Maraîchage sur sol vivant : techniquement comment cela se passe ?

  • Une étape de transition nécessaire

Passer en maraîchage sur sol vivant nécessite une étape de transition qui dure 4 à 5 ans avant de pouvoir profiter pleinement d’un sol vivant. Au préalable, un diagnostic doit être effectué afin de connaître l’état de ses sols. L’itinéraire technique de la transition est à adapter en fonction des résultats de ce diagnostic et du type de parcelle sur lequel on souhaite implanter un système maraîchage sur sol vivant. Par exemple, sur un sol anciennement travaillé qui présente une semelle de labour, il faut d’abord décompacter son sol en le travaillant avant de passer en maraîchage sur sol vivant. Si la vie du sol est quasiment inexistante, apporter en surface une couverture de MO ne sera pas efficace, il faudra au préalable incorporer au sol des matières fortement carbonées. Sur une prairie, la transition est encore différente, il faut la bâcher pour empêcher les plantes prairiales de faire de la photosynthèse et pouvoir ensuite planter dans un sol propre.

L’étape de transition est primordiale pour la réussite de l’implantation du système maraîchage sur sol vivant. Il est important de connaître l’état de son système avant d’entamer sa transition puis de vérifier que la vie du sol soit active avant de mettre en place strictement les pratiques du maraîchage sur sol vivant.

  • Une fois le système installé

Une fois la période de transition achevée, l’agriculteur peut profiter d’un sol vivant pour produire ses légumes. Sa charge de travail et les intrants de cultures diminuent : les pratiques de maraîchage sur sol vivant allègent certaines étapes de la gestion technique de la ferme.

Les techniques de plantation demandent une adaptation des outils classiques afin d’ouvrir le paillage sur la ligne de plantation par exemple. Le désherbage est géré grâce à un couvert permanent du sol par bâchage, paillage ou mulch. La fertilité du sol est assurée par l’apport de MO. Chaque année, le maraîcher doit épandre 20 à 25 tonnes par hectare de MO afin d’entretenir son système. Cet apport compense la partie d’humus qui a été minéralisée par la vie du sol et qui a permis la nutrition des cultures. L’azote n’est donc plus l’élément limitant du système. Les sols sont autofertiles, les apports azotés sont remplacés par des apports carbonés. Les maladies et ravageurs sont moins présents également du fait d’un sol moins stressé et plus diversifié.

Néanmoins, la limace et le campagnol par exemple restent des problématiques réelles pour les maraîchers. Les ravageurs hors sol sont gérés avec des filets anti-insectes. La gestion de l’irrigation dépend des cultures mais surtout des conditions climatiques. Si elle peut être diminuée dans certaines régions où les pluies sont fréquentes, sous des climats plus secs et instables elle est nécessaire pour l’ensemble des cultures et pour la décomposition du couvert.

Chaque type de cultures demandent un itinéraire technique spécifique. Les pratiques maraîchage sur sol vivant ne sont pas généralisées ou automatisées. Chaque maraîcher explore et teste ses pratiques techniques afin de les perfectionner et de les faire correspondre au mieux à leurs conditions pédoclimatiques.

Les systèmes maraîchage sur sol vivant sont encore en expérimentation et en développement afin de parfaire la technique. Le réseau national Maraîchage sur sol vivant travaille ainsi depuis sa création à développer les itinéraires techniques de cette pratique afin de pouvoir les adapter à tout maraîcher. Ils diffusent leurs essais et leurs résultats et proposent des formations au plus grand nombre pour continuer d’étendre le maraîchage sur sol vivant sur le territoire national et assurer la réussite des transitions. Si le groupe local Normandie Île-de-France est très actif au niveau du maraîchage sur sol vivant et maîtrise bien ses pratiques, du travail reste encore à faire afin de les adapter aux autres conditions pédoclimatiques de France et de développer le réseau dans l’intégralité des régions.

 

Pour aller plus loin :

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Market Gardening On Living Soil, What Is It?

Market gardening on living soil, what is it?

Market gardening on living soil (MSV): technical approach

Fertile soil is living soil. Market gardening on living soil (or MSV) was born from a group of market gardeners who wanted to revolutionize current vegetable production practices by creating new systems inspired by nature.

If we look at nature, plants in meadows or forests grow without human intervention, i.e. without the soil being tilled, fertilized or irrigated. The idea of market gardening on living soil is to reconstitute the natural cycle of soil fertility in agricultural plots through specific technical itineraries: stopping the solet work and adding organic matter (OM) to the soil.

The basis of market gardening on living soil is therefore to “offer shelter and food to the life of the soil” in order to establish a true partnership with it and thus benefit from all the ecosystem servicesthat result from it. Not disturbing the soil and enriching it with OM promotes its structural stability and thus increases its capacity to retain water accessible to plants. In addition, an active biological life in the soil allows a good recycling of OM and provides the plant with the necessary nutrients for its growth. Market gardening on living soil is at the origin of a strong biodiversity in the soil and therefore of a better natural control of plant pests and diseases. The soil is an ecosystem in its own right and market gardening practices on living soil contribute to maintaining its natural balance and fertility at the same time physical, chemical and biological. Vegetables are produced in conditions favorable to their growth and quality without polluting or consuming large amounts of energy.

The objective is threefold for market gardeners:

  • Economic: it is a question of lowering production costs while ensuring a good yield in order to guarantee the viability of the farm and a decent income. And on the other hand to restore its soils over several years in order to obtain real additional capital.
  • Social : market gardening on living soil allows the market gardener to reduce his workload and work time and thus improve his working conditions and quality of life.
  • Environmental: a living soil is the basis of any agro-ecological approach to protect the environment for optimal production.

Market gardening on living soil: technically how does it work?

  • A necessary transition step

Switching to market gardening on living soil requires a transition stage that lasts 4 to 5 years before being able to take full advantage of living soil. Beforehand, a diagnosis must be carried out in order to know the state of its soils. The technical itinerary of the transition is to be adapted according to the results of this diagnosis and the type of plot on which one wishes to implement a market gardening system on living soil. For example, on a previously worked soil that has a plough sole, one must first decompact the soil by working it before moving on to market gardening on living soil. If the life of the soil is almost non-existent, bringing a cover of OM on the surface will not be effective, it will be necessary to incorporate high carbonaceous materials into the soil beforehand. On a meadow, the transition is even different, it must be covered to prevent the prairie plants from photosynthesis and can then be planted in clean soil.

The transition stage is essential for the successful implementation of the market gardening system on living soil. It is important to know the state of its system before beginning its transition and to verify that the soil life is active before strictly implementing market gardening practices on living soil.

  • Once the system is installed

Once the transition period is over, the farmer can take advantage of a living soil to produce his vegetables. His workload and crop inputs decrease: market gardening practices on living soil lighten certain steps in the technical management of the farm.

Planting techniques require an adaptation of conventional tools in order to open the mulch on the planting line for example. Weed control is managed thanks to a permanent cover of the ground by tarpaulin, mulch or mulch. Soil fertility is ensured by the supply of MO. Each year, the market gardener must apply 20 to 25 tons per hectare of OM in order to maintain his system. This contribution compensates for the part of humus that has been mineralized by soil life and which has allowed the nutrition of the crops. Nitrogen is therefore no longer the limiting element of the system. Soils are self-fertile, nitrogenous inputs are replaced by carbonaceous inputs. Diseases and pests are also less present due to a less stressed and more diversified soil.

Nevertheless, slugs and voles, for example, remain real problems for market gardeners. Above-ground pests are managed with anti-insect nets. Irrigation management depends on the crops but especially on the climatic conditions. While it can be reduced in some areas where rainfall is frequent, in drier and more unstable climates it is necessary for all crops and for the decomposition of the canopy.

Each type of crop requires a specific technical itinerary. Market gardening practices on living soil are not widespread or automated. Each market gardener explores and tests his technical practices in order to perfect them and make them correspond as well as possible to their pedoclimatic conditions.

Market gardening systems on living soil are still in experimentation and development in order to perfect the technique. The national network Vegetable growing on living soil has been working since its creation to develop the technical itineraries of this practice in order to be able to adapt them to any market gardener. They disseminate their trials and results and offer training to as many people as possible in order to continue to expand market gardening on living soil on the national territory and ensure the success of the transitions. Although the local group Normandie Île-de-France is very active in market gardening on living soil and has a good mastery of its practices, work remains to be done to adapt them to the other pedoclimatic conditions in France and to develop the network in all the regions.

 

To go further :

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